Un jour de séisme au Sud-Ouest en Haïti

  • Avant d’entrer dans la scène dessinée par un ami…

Moi, poser les pieds là, dans les ruines?

Suivre cette femme au couloir de la mort?

C’est déjà trop d’avaler tant de poussière propulsée parmi les carreaux brisés.

Trop d’entendre les cris des enfants et les pleurs des vieillards

par-dessus le bruit des pierres qui n’en finissent pas de rouler.

  • J’entre dans la scène avec mes crayons de couleur…

Je vois cette femme marquer le pas. Non, elle marche. Elle avance.

Chaos, danger, désastre et tout ce qu’on a perdu, tu le vois!

De quoi perdre pied, perdre cœur.

Pourtant te voilà debout, tu hésites mais tu avances.

Tu vois ces gens affairés déjà à ramasser les décombres,

libérant pouce par pouce un espace pour les vivants.

  • Alors monte en moi un mouvement de prière…

Tu te souviens… et tu murmures le refrain du vieux psaume :

« À tes côtés, je marcherai, dit le Seigneur, ne crains pas. »

Mais qui se fera seigneur et serviteur pour panser tant de blessures,

guérir la douleur sans mesure et vaincre le mur de l’impossible?

Je commence à le voir : la force du Très-Haut est en toi, femme,

comme en ton peuple debout. Un peuple en marche, de jour et de nuit.

Une foi dans l’invisible est à l’œuvre.

D’un champ de ruines sortira un nouveau village.

Femme, ton cœur bat, tu ne périras pas.

Gisèle

24 août 2021